23 novembre 2025 - Solennité du Christ Roi de l’Univers - dernier Dimanche de l'année liturgique C
La fête du Christ Roi a été créée en 1925 par le pape Pie XI dans le but d’affirmer la royauté du Christ. Elle a pris un sens différent avec la réforme du calendrier liturgique demandée par le Concile du Vatican II. Elle n’est plus le dernier dimanche d’octobre, mais le dernier dimanche de l’année liturgique : elle devient ainsi comme le couronnement de l’année. Elle porte le titre de Solennité du Christ, Roi de l’Univers.
En cette fête, la liturgie nous donne de contempler Jésus en croix exerçant sa royauté au profit du bon larron qui l’implore. Jésus, fils de David, est venu apporter la paix. « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature et le premier-né d’entre les morts ». Il a en tout la primauté, car Il a voulu tout réconcilier en faisant la paix par le Sang de la croix. « Le Seigneur est Roi », chante le psalmiste. Il donne son pouvoir à un Fils d’homme, dit le prophète Daniel. Jésus Christ est le souverain de la terre, proclame le visionnaire de l’Apocalypse. « Ma royauté ne vient pas de ce monde », dit Jésus dans l’Evangile de Jean.
En ce jour, adorons le Christ, Roi de l’Univers, venu rendre témoignage à la Vérité. Rendons grâce avec toute la Création pour toutes les facettes de son mystère qu’Il nous a laissé découvrir au long de l’année liturgique. Demandons Lui pardon de ne pas l’avoir assez mis au centre de nos existences au long de l’année écoulée. Et donnons-nous à Lui pour que l’année qui s’ouvre nous aide à reconnaître sa puissance et Le glorifier sans fin.
« Le titre de "Roi", appliqué à Jésus, est très important dans les Évangiles et il permet de donner une lecture complète de sa figure et de sa mission de salut. On peut remarquer à ce propos une progression : on part de l'expression "roi des Juifs" et on arrive à celle de Roi universel, Seigneur de l'Univers et de l'histoire, donc très au-delà des attentes du peuple juif lui-même. Au centre de ce parcours de révélation de la royauté de Jésus Christ, il y a encore une fois le mystère de sa mort et de sa résurrection. Lorsque Jésus est mis en croix, les prêtres, les scribes et les anciens le tournent en dérision en disant : "Il est le roi d'Israël ; qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui" (Mt 27, 42).
En réalité, c'est justement parce qu'Il est le Fils de Dieu que Jésus s'est remis librement à sa passion, et la croix est le signe paradoxal de sa royauté qui consiste dans la volonté d'Amour de Dieu le Père sur la désobéissance du péché. C'est justement en s'offrant lui-même en sacrifice d'expiation que Jésus devient le Roi universel, comme Il le déclarera Lui-même en apparaissant aux apôtres après la résurrection : "Tout pouvoir m'a été donné au Ciel et sur la terre" (Mt 28, 18).
Mais en quoi consiste le "pouvoir" de Jésus Christ Roi ? Ce n'est pas celui des rois et des grands de ce monde ; c'est le pouvoir divin de donner la Vie éternelle, de libérer du Mal, de vaincre le pouvoir de la mort. C'est le pouvoir de l'Amour, qui sait tirer le bien du mal, attendrir un cœur endurci, apporter la paix dans le conflit le plus âpre, allumer l'espérance dans les ténèbres les plus épaisses.
Ce règne de la Grâce ne s'impose jamais, et respecte toujours notre liberté. Le Christ est venu "rendre témoignage à la Vérité" (Jn 18, 37) - comme Il l'a dit devant Pilate - : qui accueille son témoignage se place sous son "étendard", selon l'image chère à saint Ignace de Loyola. Un choix - ce "oui" - est donc nécessaire pour chaque conscience : qui est-ce que je veux suivre ? Dieu ou le malin ? La Vérité ou le mensonge ?
Choisir le Christ ne garantit pas le succès selon les critères du monde, mais assure cette paix et cette joie que Lui seul peut donner. C'est ce que manifeste à chaque époque l'expérience de tant d'hommes et de femmes qui, au nom du Christ, au nom de la Vérité et de la justice, ont su s'opposer aux flatteries des pouvoirs terrestres et de leurs différents masques, jusqu'à sceller cette fidélité par le martyre.
Chers frères et sœurs, lorsque l'Ange Gabriel a apporté l'annonce à Marie, il lui a annoncé que son Fils aurait hérité du trône de David, et qu'Il aurait régné à jamais (cf. Lc 1, 32-33). Et la Sainte Vierge a cru avant même de l'offrir au monde. Elle a ensuite dû certainement se demander quel nouveau genre de royauté serait celle de Jésus, et elle l'a compris en écoutant ses paroles et surtout en participant intimement au mystère de sa mort sur la croix et de sa résurrection. Demandons à Marie de nous aider nous aussi à suivre Jésus, notre Roi, comme elle l'a fait elle-même, et à lui rendre témoignage par toute notre existence. » (Benoît XVI - Angélus du 22 novembre 2009)
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